Adresse cachée. Le restaurant est discret, coincé sur le bord de l’Arve à la frontière du Vieux Carouge et des Acacias. Pourtant, L'Artichaut fait partie de ces bistrots carougeois incontournables, où l’on aime perdre la notion du temps. Successivement entre les mains du chef Florian Le Bouhec, puis du jovial Jan Bertiaux, l’adresse a été reprise en 2023 par son duo de cuisiniers Margaux et Guillaume Fribault. Le couple est accompagné d’une joyeuse équipe et la petite adresse, qui compte de nombreux habitués, ne désemplit pas. Sous la houlette du duo, L'Artichaut honore son histoire bistrotière en alliant avec finesse des classiques maîtrisés et des pointes de créativité subtilement amenées, sans jamais trop en faire.

L'Artichaut

Carpaccio de poulpe, guacamoles et vierge de mangue mélisse.

Joue de bœuf… au curry! L’assiette de langoustines en double expression, mi-cuites et comme un pain de poisson, mise sur la saison. Ce plat est proposé avec un coulis vert à l’ail des ours, relevé par de petites billes de yuzu qui apportent une pointe acidulée à chaque bouchée. La raviole de joue de bœuf, quant à elle, aurait pu rester dans une ligne classique, mais c’est mal connaître le chef! Ici, il a twisté l’affaire avec un jus au curry vert maison légèrement épicé, réveillé par la pointe herbacée et la fraîcheur d’un haché de jeunes pousses d’épinards qui surmonte le tout. Mais c’est l’assiette haute en couleurs de carpaccio de poulpe parfaitement cuit, tout en contraste avec ses touches de guacamole et sa sauce vierge de mangue parfumée à la mélisse, qui remporte tous les suffrages.

L'Artichaut

Thon snacké, laitue braisée confit de citron et chimichurri.

L'Artichaut

Poitrine de cochon confite, pressé de pommes de terre, émulsion pommes de terre et jus corsé.

L'Artichaut

Le paris-brest, choux croquant à la crème pralin du Piémont et noisettes torréfiées.

Générosité. Du côté des plats, la poitrine de cochon labellisée GRTA est mémorable, parfaitement confite, généreusement servie, arrosée d’un bon jus de cuisson corsé et surtout accompagnée d’un sabayon de pomme de terre astucieusement travaillé comme une sauce. Cela confère une belle rondeur à cette assiette particulièrement réconfortante. La poitrine vient avec un classique pressé de pommes de terre. Plus en légèreté, le thon snacké se la joue néo-bistrot avec sa laitue braisée, son confit de citron et sa sauce chimichurri que l’on aurait néanmoins appréciée plus herbacée. Pour les touches sucrées, l’incontournable Paris-Brest réjouit les fans du genre, alors que la rhubarbe confite à la vanille bourbon, son crémeux au yaourt et ses touches de meringue, offrent une conclusion printanière et plus subtile à cette expérience des plus agréables. 

 

L'Artichaut à Carouge

 

Photos: Nouhad Monpays, DR