Retour sur scène. Un an après son changement de main, l’Odéon s’offre un nouveau chef et accueille en cuisine Valentin Pouzet. Le jeune cuisinier avait auparavant décroché un prometteur 12/20 chez Coin Coin, avant de s’éloigner quelque temps de Genève. Le voilà de retour sur le devant de la scène culinaire locale. «J’avais besoin d’une pause, de me retrouver. J’ai voyagé, mangé, mais aussi beaucoup travaillé, notamment au très prisé Tuba à Marseille. Je me suis également formé à la boulangerie auprès de Benjamin Breton. Tout cela m’a fait beaucoup de bien».

La salle principale du restaurant qui avait déjà été rénovée lors de la reprise en 2025.

L'excellent tarama du chef, joliment présenté dans sa coupelle à glace en inox.
Le bon bistrot. Pour sa première carte à L’Odéon, qui prolonge encore doucement l’été, Valentin fait… du Valentin, toujours très à l’aise dans la cuisine de bistrot, articulée autour de la mise en lumière du produit. Sa signature? Une gastronomie sobre sans être simpliste, élégante et technique, ponctuée d’assaisonnements voyageurs. Ainsi, on retrouve une vraie justesse des goûts avec ce tarama, parfait pour entrer en matière, équilibré et qui ne tombe pas sur l’amertume. Même précision avec ce carpaccio de loup et son subtil condiment de yuzu kosho, qui laisse toute sa place au goût délicat de la chair crue du poisson. Pour la suite, même si l’assiette de thon rouge, travaillée avec le coco de Paimpol, une sauce nduja et citron, semble particulièrement alléchante, on reste sur la fraîcheur avec l'appétissant tartare de veau. Celui-ci est surmonté d’un jaune d’œuf confit et habilement relevé d’un remarquable assaisonnement crispy de haddock et de raifort. Un poil trop salé peut-être, mais parfaitement gourmand. Bien sûr, pour l’automne, le chef ajoutera à la carte quelques classiques bistrotiers: les grenouilles quand la saison le permettra ou la quenelle réconfortante quand le froid fera son apparition. Évidemment, Valentin, qui a aussi dans sa manche une formation de charcutier-traiteur, ne manquera pas de nous régaler de ses mémorables pâtés en croûte et autres grands classiques de la cuisine française.

Le tartare de veau, surmonté d'un jaune d’oeuf confit et servi avec son condiment croustillant de haddock et raifort.

Le carpaccio de loup et sa sauce yuzu kosho.
L’heure de la maturité. Après cette parenthèse, le chef semble avoir gagné en maturité et c’est avec confiance qu'il relève le défi de cette institution locale. En salle aussi, du changement: l’une des propriétaires-associées, Rachel Perrin, reprend la direction du restaurant.
Photos: L'Odéon, Nouhad Monpays

