Texte: Knut Schwander Photo: Julie de Tribolet

Après cinq ans, vous venez d’annoncer votre départ à vos collaborateurs. La crise liée au covid a-t-elle eu raison de votre passion?

J’ai en effet décidé de prendre une sorte de pré-retraite l’été prochain. Mais le covid n’a eu aucune incidence sur ce choix. D’ailleurs, d’ici l’été, on peut espérer que les choses reprennent leur cours normal. Il me tient donc à cœur de rester avec les équipes jusqu’à ce moment-là. Arrivé à 62 ans, ma décision a mûri au fil des mois. J’aspire à profiter de mon temps avec mes amis et ma famille. Car l’hôtellerie ne laisse pas beaucoup de marge. J’ai une maison dans le sud (de la France?) et je me réjouis de pouvoir y passer plus de temps.

 

Vous avez dirigé le Beau-Rivage à Genève puis le Lausanne Palace avec un enthousiasme communicatif. Quel est votre meilleur souvenir de ces années à la tête d’hôtels emblématiques?

J’ai toujours agi avec passion, dans ma vie professionnelle comme dans ma vie privée. Hôtelier est un métier merveilleux, qui permet d’assister à des moments exceptionnels, à des soirées fabuleuses. Mais il offre surtout le privilège de côtoyer plein de gens fantastiques. Plus qu’un événement ou un autre, c’est ce côté humain du métier d’hôtelier qui m’a le plus touché. Que ce soit avec les collaborateurs ou avec les clients, ce sont les rencontres qui m’ont le plus apporté. Ce côté vivant m’a aussi offert les plus belles leçons de vie: en fait, j’ai réalisé que ce n’est pas le directeur qui booste ses équipes, mais le contraire.

Remise du prix Gaultmillau.ici remise du prix de la découverte de l'année à Franck Pelux,chef de la Table au Palace à gauche le directeur du lausanne Palace Ivan Rivier

Après cinq ans, l’enthousiaste directeur du Lausanne Palace, Ivan Rivier, annonce son départ pour l’été 2021.

Après l’Ecole hôtelière de Lausanne, où vous étiez directeur des opérations, puis vingt ans à la tête de palaces prestigieux, regrettez-vous parfois de ne pas avoir choisi une autre voie?

Au contraire, je n’ai jamais été tenté de changer de carrière. Pour moi, l’hôtellerie a toujours été une évidence. C’est un choix de vie, mon métier, ma passion.

 

Au Lausanne Palace, vous avez vécu des moments merveilleux, des drames aussi, comme  l’incendie – sans victime! – du 31 décembre 2018. Quel est le pire souvenir de votre carrière?

Je crois quand même que la période que nous venons de traverser est la plus difficile qu’il m’ait été donné de vivre. Quand tout d’un coup vous n’avez plus de clients, plus d’équipes, que l’hôtel est vide, c’est terriblement triste, surtout dans un métier où l’humain est au centre.

 

N’est-il pas difficile de tout quitter après cet épisode, justement?

Comme je le disais, j’ai toujours été passionné. Au travail comme en privé. Mais c’est une question d’équilibre: je veux à présent pouvoir me consacrer davantage à mes autres passions que sont les voyages et la culture, aller à l’opéra, courir les festivals, sans être toujours limité dans le temps. Je souhaite donner du temps au temps.