Viva Espana! Pour vous, la gastronomie ibérique n’évoque que des tapas, la tortilla et la paella? Alors il est temps de vous actualiser. Car l’excellence de la gastronomie espagnole moderne et inspirée a trouvé un ambassadeur en Suisse romande.

La Micheline: cadre moderne, confortable et décontracté à la gare des Eaux-Vives.

Les crevettes quisquillas de Motril (Espagne), avec leurs œufs en «caviar bleu» caractéristique, comptent parmi les plus prisées de la Méditerranée.
Sous le charme. Il s’appelle Andres Arocena et il est originaire du Pays basque. En cinq ans, ce trentenaire passionné, notamment formé chez le triple étoilé Martin Berasategui à San Sebastian puis chez le pionnier Edgard Bovier au Lausanne Palace, a conquis critiques et public. Dans son restaurant La Micheline, à la gare des Eaux-Vives, à Genève, il vient de gagner son 17e point au GaultMillau 2026 pour sa cuisine inspirée et très personnelle, qui incarne le meilleur de l’Espagne. Une fois de plus, nous sommes tombés sous le charme. La Micheline est donc notre coup de cœur du mois de février.

Chipirons farcis sur tranches de morcilla de Burgos croustillante (une variété de boudin noir), panceta iberica, dashi d’oignon confit.
Moderne et décontracté. Le charme opère tant au niveau des produits, excellents et de proximité, que de leur interprétation, parfois magistrale. Le tout dans un beau restaurant moderne et agréablement décontracté, dont la cave recèle des crus espagnols rares et délectables. De la cuisine sortent des créations magiques aux dressages millimétrées.
Somptueuses entrées. Tout commence par une farandole de tartelettes, de bouchées et des toasts. Ils sont garnis tantôt d’une sphérification d’olive inoubliable, tantôt de bonite et d’anchois, ou encore de tarama de brochet du Léman. Les croquettas au jambon ibérique et à la truffe d’hiver sont par ailleurs remarquables. Plus tard, celles aux langoustines les dépassent encore. On note au passage que le pain est fait maison, avant d’attaquer les lamelles de St-Jacques dressées sur un tarama délicat et nappées d’un voile de betterave qui harmonise cette création couronnée de caviar.

Le repas d'Andres Arocena démarre sur un festival de tartelettes et de bouchées.

Filet de bœuf cuit au charbon binchotan, sauce mojo verde des Canaries.
De la mer à la terre. Et voici des chipirons, farcis au pain et mouillés d’un exquis dashi d'oignons confits. C’est à la fois moderne et rustique, une ode à l’Espagne. Alors on poursuit avec la paella sublimée, agrémentée d’un filet de rouget breton et de sarrasin japonais. Le cœur de filet bœuf suisse est une pièce exceptionnelle. Idéalement cuit au charbon binchotan, il est vivifié par une sauce onctueuse au piment vert.

Les assiettes de La Micheline sont d'une rare élégance. Tomate chipotl, aguachile, cacahuètes «charbon».
L'incroyable céleri. Et l’émerveillement continue jusqu’au dessert. Le céleri s’y décline de la feuille à la racine en un crémeux envoûtant (grande photo en haut de cet article). L’«œuf au plat», lui, est un amusant trompe-l’œil tout en saveurs contrastées, fait de mangue et de passion. On salue encore l’offre de midi qui est une véritable aubaine. Mais, vu la qualité de ce qui est servi, la carte du soir aussi reste extrêmement raisonnable.

Le Tropical, dessert à base de mangue aux épices tajin.

