Favola veut dire fable en italien. Lorsqu’on demande à Nazzareno Raffa (à gauche sur la grande photo), cocréateur du lieu avec le chef Ivan Amoroso (à droite sur la grande photo), le pourquoi de ce nom, la réponse est simple: «Parce que nous avons envie d’y raconter une belle histoire, avec de bons produits et une belle cuisine.» Ouvert en mai dernier, ce restaurant abritait autrefois le bistro Les Foodies. Depuis ce printemps, cette jolie maisonnette aux volets gris perchée au-dessus du rond-point de la Croix-sur-Lutry qui mène, au choix, vers Belmont, Savigny ou Grandvaux, a donc été reprise par une figure bien connue des Lausannois amoureux de cuisine italienne: Nazzareno Raffa, à la tête du Ristorante Saint-Paul à l’avenue d’Echallens.
Amoureux du lieu. Déjà bien occupé par cet établissement, considéré par l’édition 2026 du GaultMillau comme l’un des «meilleurs italiens» de la ville et gratifié d'une note de 14 sur 20, le Calabrais a eu un coup de cœur: «L’un de mes clients du Saint-Paul a racheté ce bâtiment et m’a demandé si je n’étais pas intéressé par le restaurant qui occupe le rez-de-chaussée. Je m’attendais à trouver un endroit un peu passé. Mais c’est un très beau restaurant, tout neuf, avec une belle terrasse et un parking. J’ai eu le coup de foudre.»
Calabre toujours. Pour se lancer dans l’aventure, Nazzareno Raffa pose une seule condition: trouver un chef partant pour s’associer. C’est l’un de ses compatriotes, Calabrais lui aussi, qui se met sur les rangs. Ivan Amoroso, 36 ans, a longtemps tenu un restaurant de bord de mer dans sa province d’origine. À la Favola, il propose une carte courte mais enrichie de nombreuses suggestions du jour qui explore toutes les régions de l’Italie. Comme au Saint-Paul, on y met en valeur le produit et on y célèbre les saisons.

Le tartare de boeuf en entrée façon Favola.

Les pinsas, plus légères que leurs cousines les pizzas napolitaines.

Ivan Amoroso, coassocié du restaurant, officie en cuisine
Délices côtières. Amoureux de tout ce qui vient de la mer, Ivan Amoroso excelle par exemple dans la préparation du poulpe. Il est servi juste grillé, auréolé d’une discrète odeur de fumé, moelleux, alangui sur un lit de mousseline de pommes de terre, garnie de quelques tomates cerises et d’origan frais. Il ne manque que le bruit des vagues pour s’imaginer aux bords des eaux turquoises du sud de l’Italie. Son tartare de thon, il l’apprête simplement, pour laisser à la chair du poisson le loisir de dévoiler sa saveur. Juste agrémenté d’un peu de citron et d’huile d’olive, il est parsemé de quelques lamelles de truffe d’été et de dodus croûtons maison. Seul poisson au menu, la daurade est elle aussi travaillée simplement, en cuisson lente et en papillote. Servie ouverte, sa chair délicate se détache pour accompagner les olives taggiasche, tomates, légumes et pommes de terre rôties. Quant au vitello tonnato, on apprécie la délicatesse de sa crème au thon et la parcimonie avec laquelle elle a été déposée. La viande de veau garde sa place d’ingrédient principal du plat.
Portes de Lavaux. À côté de quelques propositions de pinsa, à partager en terrasse par exemple, les pâtes fraîches (pas encore de la casa, mais c’est en projet) sont une réussite. Les tagliolini y sont enrobées d’une onctueuse sauce au parmesan et généreusement saupoudrées de truffe fraîche. Accompagnées d’une sauce tomate bien cuisinée, les calamaratas al frutti di mare sont loin d’être chiches, avec leurs moules, vongoles, crevettes et morceaux de thon à s’en lécher les doigts. Côté dessert, les classiques demeurent. Canolli et tiramisu mettent un agréable point final à ce voyage transalpin. Reste à dire que comme au Saint-Paul, la carte des vins propose de beaux flacons italiens. Mais pas seulement. Nombre de vins des vignobles tout proches viennent peu à peu enrichir la liste. La Favola raconte décidément un joli bout d’Italie aux portes de Lavaux.
La Favola à La Croix-sur-Lutry
Photos: La Favola


