Un 15/20 s'en va. Encore un chef qui part. Il Lago, le restaurant de l'hôtel des Bergues à Genève (15/20), va se séparer de Michele Fortunato. Le chef italien doit effectuer son dernier service le 31 mai. «Michele Fortunato a quitté notre restaurant Il Lago pour se consacrer à de nouveaux projets professionnels», nous a informés le directeur général Martin Rhomberg par messagerie électronique. «Michele a su transmettre à son équipe des valeurs fortes, un profond respect du produit, une maîtrise technique affirmée et la volonté constante d’offrir à nos convives le meilleur de la cuisine italienne. Grâce à son engagement, une brigade passionnée et soudée continue aujourd’hui de faire vivre cette identité culinaire unissant tradition et créativité. Cette passion demeure intacte et continuera de s’exprimer à travers notre talentueuse équipe de cuisiniers, pleinement mobilisée pour poursuivre cette ascension et maintenir Il Lago au même niveau d’exigence.» Dans l'intervalle, c'est le second et collègue de longue date du chef, Andrea Messina, qui assurera l'intérim.

 

Divergences. De son côté, Michele Fortunato a assuré GaultMillau qu'il quittait Il Lago «d'un commun accord avec la direction», à la suite de «divergences» quant au positionnement du restaurant. Arrivé depuis Paris en 2024, le chef originaire de Massafra, dans les Pouilles, a réussi à maintenir les points et l'étoile de cette table raffinée. Sa cuisine de produit, sobre et aux saveurs tranchées, a su prouver qu'Il Lago est bien l'un des meilleurs restaurants de la ville du bout du lac. Si les deux parties semblent être tombées d'accord (du moins pour la communication), on peut tout de même s'interroger sur les raisons réelles de ce départ surprenant.

 

Sale temps pour les restaurants. Michele Fortunato semblait en effet être un bon recrutement pour ce restaurant, dont nous avons plusieurs fois relevé les qualités depuis son arrivée. Le chef n'est installé à Genève que depuis deux ans. Il quitte ses fonctions sans le moindre projet, et nous a dit être prêt à «étudier toute proposition» qui lui permettrait de satisfaire ses ambitions gastronomiques à Genève. Faut-il y voir un différend fréquemment observé dans le monde feutré des palaces, qui font souvent le grand écart entre les velléités gastronomiques des chefs, et le nécessaire aspect consensuel de ce genre de table à la clientèle internationale? Toujours est-il qu'après les récents départs de Benoît Carcenat et Quentin Philippe, c'est décidément une période mouvementée pour les grands restaurants romands.

 

Photo: Four Seasons Geneva