Texte: Daniel Böniger | Photos: Salvatore Vinci
Dieu existe, et il joue au golf. Voilà ce qu'ont dû se dire les participants au parcours «Les Chefs» organisé dans le golf bernois de Blumisberg, les 20 et 21 septembre. Une fois de plus, l'Association Suisse des Golfeurs Indépendants (ASGI) a eu la météo avec elle, avec un grand soleil et 20 degrés. La recette du succès du tournoi est aussi simple que délicieuse: tous les trois trous, une création d'un grand chef attend les joueurs, accompagnée d'un vin suisse assorti. Ainsi, les participants – le jeu se déroule en formule Texas Scramble – quittent le parcours après 18 trous et la garantie d'être totalement heureux. Et surtout, rassasiés.
Un green chef sur le green. Les grands chefs jouent-ils eux-mêmes au golf? Pascal Steffen, chef 18 points et actuel «Green Chef» (ce titre n'a toutefois aucun rapport avec le golf!), n'a certes plus joué depuis des années, mais tient à préciser qu'il a obtenu son autorisation de parcours il y a 19 ans, à l'époque où il travaillait chez Andreas Caminada. Il manque toutefois actuellement de temps pour pratiquer ce sport plus régulièrement: «J'ai eu le sac de golf dans les mains pour la dernière fois en juin–lors de mon déménagement», raconte-t-il en riant. Son plat pour les participants: de fameuses joues de porc bien fondantes, joliment garnies de radis blanc et de radis rose marinés, arrosées d'un jus épicé au poivre de Sichuan de Sissach.

Le parcours de rêve du golf de Blumisberg.
Franck Reynaud, le Tiger Woods valaisan. La veille déjà, d'excellents chefs étaient sur le parcours avec Franck Giovannini (19 points), Pierrick Suter (17 points), Daniel Lehmann (16 points), Domingo S. Domingo (15 points) et Urs Messerli – mais le meilleur golfeur parmi les cuisiniers participants est probablement Franck Reynaud, qui a conquis les fairway et les palais avec un filet de chevreuil rôti en croûte de cacao, une tartelette de courge et des atriaux de foie à l'oxalis (grande photo en haut). Le handicap du chef de Crans-Montana s'élève au chiffre sensationnel de 8! Sa recette du succès: «Je vais parfois frapper des balles au practice pendant une heure après le service du midi!» Sur le stand de Reynaud, on propose aussi un apéritif spécial: l'œnologue Gilles Besse (lui aussi golfeur) du Domaine Jean-René Germanier en Valais présente le nouveau Cayas blanc, fraîchement lancé: une heida, élevé partiellement en fût de bois et en bonbonnes de verre. Un cru qui allie puissance et précision.

Tartare de tomates aux crevettes, oignons, huile de feuille de figuier et émulsion de tomate.

Mathieu Bruno a visiblement apprécié d'être aussi proche des invités golfeurs.
Mathieu Bruno: guitariste plutôt que golfeur. Autre chef sur place, le Vaudois Mathieu Bruno. Lui aussi est un ancien chef de restaurant de golf: «J'ai travaillé trois ans dans un domaine de golf dans le sud de la France.» Mais d'autres sports et la guitare comptaient davantage pour lui que le golf. Comment réconforte-t-il les participants abattus d'avoir expédié leurs balles hors limites lorsqu'ils arrivent à sa table? Avec un tartare de tomates coloré, des crevettes, de l'huile de feuille de figuier et une focaccia aérée à l'anis. «Et si cela ne suffit pas, je sers avec cela un verre de petite arvine de Romain Favre.» De quoi tirer immédiatement la conclusion de cette visite à l'événement de l'ASGI: oui Dieu existe, oui il joue au golf, et tout aussi certainement, les golfeurs sont de fins gourmets.
