Dès potron-minet. Bad Ragaz a beau être une lointaine destination pour les Romands, la partie francophone de la Suisse était tout de même bien représentée lors de l'édition 2026 de la Garden Party de GaultMillau. Dans le superbe parc du Grand Resort, on a ainsi pu apercevoir Philippe Chevrier. Malgré un départ dès potron-minet pour rejoindre en voiture le canton de Saint-Gall avec quatre membres de sa brigade, dont son chef François Periers et son chef pâtissier Manuel Pereira, le cuisinier aux 19 points est en grande forme. «Partir hier? Impossible, le restaurant était plein!», assure-t-il, tandis qu'il apporte les derniers réglages à son stand.

Garden Party 2026

Il a beau s'être levé aux aurores, Philippe Chevrier a le sourire aux côtés de son chef François Periers.

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Son arme anti-canicule: un ceviche de daurade rose et son sorbet coriandre ultra frais.

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Trente-trois degrés? Pas de quoi faire transpirer le chef pâtissier Manuel Pereira, qui assemble son baba sans sourciller.

Kick herbacé. Le Genevois a prévu un plat en réponse aux 33 degrés extérieurs: un ceviche de daurade rose marinée au citron vert, qui barbote dans un lait de coco infusé et réduit à la citronnelle, et surmonté d'un remuant sorbet coriandre - lequel a failli donner quelques difficultés au chef. En effet, lors de notre arrivée, il cherchait… de l'eau chaude (!), indispensable pour tremper ses cuillères nécessaires au façonnage des quenelles glacées. Textures, températures, saveurs, et surtout ce kick herbacé du délicieux sorbet vert vif eurent tôt fait de rafraîchir les participants, tandis que le baba à la verveine de Manuel Pereira, servi avec une ganache montée (un autre défi compte tenu de la chaleur), serait servi plus tard.

Garden Party 2026

Le temps d'une fête, Franck Reynaud s'est fait plaisir en préparant une bouillabaisse ensoleillée.

Garden Party 2026

Bar, croûtons à l'ail, pomme de terre confite, soupe de poisson et fenouil: la Méditerranée s'est invitée dans son assiette.

De Montpellier à Crans-Montana. À peine quelques mètres plus loin, double surprise: le stand de Franck Reynaud (18/20) proposait une… bouillabaisse! Eh oui, mais ne dit-on pas qu'il faut boire chaud pour vaincre le mercure? L'autre interrogation, c'est la nature de ce plat de poissons de roches, éloigné de la cuisine habituelle du chef du Pas de l'Ours à Crans-Montana. «Je ne sers habituellement que des poissons de rivière et de lac, par cohérence, mais aujourd'hui est un jour particulier, et j'ai voulu préparer ce plat qui rappelle mes origines montpelliéraines», explique le chef en versant une exquise soupe d'un splendide ocre et réalisée à partir de rougets, de rascasses, et d'autres victuailles marines. Quant au poisson principal, il s'agissait d'un succulent bar à la chair aussi délicate que nacrée, tout simplement accompagné d'un croûton à l'ail, d'une fine lamelle de fenouil, et d'une rondelle de pomme de terre confite. Peuchère, que c'est bon!

Garden Party 2026

Guy Ravet, fidèle participant à la Garden Party.

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Son tataki de bœuf grillé au binchotan, tartare de légumes, essence basilic citronnelle.

Malakoffs à papa. Enfin, impossible de rater les Ravet. Oui, les, car il y en avait deux! Le papa Bernard était présent en famille au stand de la Maison des vins de la Côte, à distribuer de délicieux malakoffs agrémentés d'une douce moutarde aux abricots valaisans. «Il a fallu 12 kilos de fromage pour préparer ces 450 malakoffs, c'est deux jours de travail», précise le chef retraité, autrefois noté 19 points. Quant au fiston Guy (17/20), on l'a retrouvé au stand Mercedes-Benz, en train de dresser des bols de filet de bœuf au binchotan, dont les lamelles étaient déposées sur une déclinaison de légumes façon tartare, essence de citronnelle et basilic, et mix de jeunes pousses. «J'ai voulu proposer un plat froid cette année, pour changer, et vu la météo, je crois que nous avons bien fait!», sourit le chef veveysan. Quant aux malakoffs de son père, il a beau les connaître par cœur, il l'assure: il ira les goûter. «Ils sont sur ma liste!». C'est peut-être à cela qu'on reconnaît le mieux les Romands: canicule ou pas, il y a toujours un peu de fromage fondu qui traîne quelque part.

 

Photos: Rémy Steiner, Olivia Pulver, Fabien Goubet