Un petit air seventies. Allez, j’ose: l’étiquette de ce vin est délicieusement kitsch. Avec sa calligraphie dorée et ses bulles stylisées, elle évoque une pub des sixties ou des seventies assez séduisante. Cela ne veut pas dire qu’il faille réserver les bulles de ce cru à une soirée «Flower power». Plaisanterie mise à part, le saviez-vous, ce vin effervescent est l’oeuvre de la douzième génération de la famille Bettems installée à Féchy depuis 1630!  Et comme les Bettems sont vignerons depuis 1927, ils connaissent leur métier. Ce n’est pas un hasard s’ils ont remporté deux médailles d’or au Mondial du Chasselas 2025.

Crausaz Bettem

Laurie Bettems, caviste et membre du conseil d’administration de la Cave de la Crausaz.

Crausaz Bettem

La Cave de la Crausaz située à Féchy.

Crausaz Bettem

Alain Bettems, encaveur et président de la Société coopérative de distillerie de Bougy-Féchy.

Chardonnay brut. Voilà qui est inattendu sur La Côte: ce Brut est un chardonnay. Et quand on met le nez sur son verre, on est emporté par un tourbillon aromatique qui évoque un crumble aux prunes, avec, soyons fous, une pointe de cannelle et de belles notes beurrées. Vous pensez que je m’emporte un peu? Possible. Quoiqu’il en soit la bulle est très fine et caresse le palais sans jamais l’agresser. Voilà une entrée en matière prometteuse. Alors on y trempe les lèvres. Là, à nouveau, la surprise est au rendez-vous.

 

Intensité et gourmandise. En bouche, intense et pleine, se développent d’emblée des notes d’ananas bien mûr. Soit une agréable sucruosité, assortie de notes pâtissières jamais suaves ou écœurantes pour autant. S’y superposent des notes épicées qui accompagnent la dégustation jusqu’à sa finale vineuse et sapide que soulignes de légers accents fumés. Voilà qui est stimulant et qui invite à en reprendre une gorgée. Ce caractère unique et inattendu donnera parfaitement la réplique à un dessert gourmand et caramélisé (un Saint-Honoré, par exemple, ou un crumble de fruits pour répondre au nez de ce vin). Côté salé, c’est sans doute sur un foie gras en terrine qu’il révèlera tout son potentiel aromatique. Et, ce n’est pas négligeable, le prix - 78 francs - d’un carton de six flacons de ces bulles vaudoises coûte le même prix qu’une seule bouteille de champagne d’un certain prestige. Un atout.

 

Brut, Cave de la Crausaz, Chablais AOC