La petite maison dans la prairie. Quand le char tiré par un cheval passe devant les tables dressées sous les arbres devant l’historique Cheval Blanc, aux Pommerats, on se demande s’il s’agit du tournage d’un nouvel épisode de la «Petite maison dans la prairie», version Franches Montagnes. Au croisement des chemins de randonnée pédestres et équestres, ce joli village et son restaurant centenaire sont sertis dans le paysage vert intense du Jura. Et ils font une destination inoubliable. Le Cheval Blanc tout particulièrement. Datant du XIXe siècle, la bâtisse a été récemment rénovée en véritable monument historique. Depuis les ampoules qui éclairent la salle à manger, jusqu’à la cabine téléphonique en bois laqué, à l’épicerie fine et au jeu de quilles tout en bois, cette auberge est un bijou où l’on est accueilli comme à la maison. Et son chef, Julien Mériaux, originaire de Cambrai  y propose une cuisine fine et gourmande, majoritairement élaborée en circuit court.

CHeval Blanc Pommerats

Erigée au XIXe siècle, la façade a été remise en son état d'origine en 2022.

Adieu veau, bonjour cochon. D’emblée, la morille farcie proposée par le chef - tout seul en cuisine - est une merveille. Elle arrive flanquée d’un œuf parfait, de coppa, de lamelles de gruyère et d’une sauce au vin jaune exquise. De son côté, le «porco tonnato» (on l’aura compris, le veau est ici remplacé par du porc de la région) n’est pas en reste, avec son condiment de lamelles et de graines de courge. Ces deux entrées sont tirées d’une carte saisonnière et évolutive, doublée de suggestions proposées sur une ardoise. À midi, le plat du jour change au quotidien. Et comme le menu du jour (entrée, plat, dessert) est facturé 28 francs, les habitués se pressent au portillon. La carte des vins aussi est un livre de tentations où les crus suisses signés Cousin, Grisoni ou Hœrler sont proposés à des prix défiant toute concurrence. De jolis flacons transalpins, notamment, sont à peine plus chers.

Cheval Blanc Pommerats

Foie gras de canard maison, betterave rouge, confit d'oignons et fruits rouges, gel d'airelles au porto, poudre de pain d'épices.

Cheval Blanc Pommerats

Gravelax de saumon, tartare de radis violets, blancs et betterave chioggia sauce aigrelette, gel au citron et safran.

Cheval blanc Pommerats

Un beau classique revisité: la blanquette au pavé d'épaule de veau, ici avec un confit d'oignons rouges au vin et un condiment de champignons de Paris au cognac

Juke box et fleurs fraîches. Sur les tables nappées et fleuries se succèdent des plats gourmands comme cet effiloché d’agneau en croûte d’ail des ours, ou ce tournedos impeccable. Ils sont agrémentés de sauces onctueuses et de lentilles au poivre. On les déguste au son d’une musique jazzie ou d’un authentique juke- box délicieusement vintage. Et après le dessert en trompe l’œil - une poire en chocolat blanc farcie de fraise et de basilic - place aux achats dans l’épicerie au charme suranné: damassine et bricelets, œufs frais et autre bonnes choses de la région. Si le chef en a le temps, il se fera ensuite un plaisir de vous faire une visite de la maison: au premier étage, de jolies chambres historiques voisinent avec deux salles de banquet qui nous ramènent tout droit en 1910 (planché ciré, tapisseries art nouveau, chaises et tables bistrot). Et au deuxième étage, une autre salle, plus grande, permet d’accueillir des événements pour 70 convives sous une antique charpente. Le clou de la visite reste le jeu de quilles dont les boules sont conservées dans l’eau, comme cela se faisait autrefois! Bref, s’attabler aux Pommerats, c’est s’offrir un merveilleux voyage dans le temps. Et comme dans ces temps-là les cartes de crédit n’existaient pas encore, ici, on paie cash.

 

Restaurant du Cheval Blanc aux Pommerats