Texte: Alex Kühn
Numéro 2! Tout était très dolce vita, pour la petite fête donnée à l'occasion du lancement du deuxième numéro du magazine Bella Italia, produit par la rédaction de GaultMillau: l'ambiance, la météo et, bien sûr, l'assiette. Quelque 300 invités se sont réunis au restaurant Terrasse, juste derrière la place Bellevue à Zurich, parmi lesquels de nombreux visages familiers. De la légende du ski Bernhard Russi à l'ancien président de la Banque nationale suisse Philipp Hildebrand (copropriétaire du domaine viticole Tenuta Vallocaia aux côtés de Rudi Bindella), en passant par l'animatrice Christa Rigozzi. Élue Miss Suisse en 2006 et ambassadrice de la maison Bulgari, cette dernière s'offre même une double page dans ce numéro, où elle dévoile ses adresses fétiches de la Botte.

Après le guide jaune, voici le guide rose! Les 150 meilleures adresses italiennes de Suisse selon GaultMillau.

Rudi Bindella et son épouse Melanie avec le numéro 2 de Bella Italia.
Palmarès. Ce guide de couleur rose réserve bien d'autres découvertes, à commencer par le palmarès des 150 meilleurs restaurants italiens de Suisse. «Débusquer des adresses d'exception fait partie intégrante de notre ADN. C'est pourquoi nous avons intégré plus de 50 nouveaux établissements dans cette édition, après une sélection rigoureuse, cela va de soi», a confié le directeur de GaultMillau, Urs Heller (dont le péché mignon italien reste les raviolis au boeuf braisé) lors de son échange avec l'animateur Sven Epiney. «En plus de nos enquêteurs, les meilleurs chefs du pays jouent le jeu et nous partagent régulièrement leurs pépites.» (Grande photo ci-dessus, de gauche à droite: Marc Walder, Nicole Knecht, Alessandro Seralvo et Urs Heller.)

Christa Rigozzi, amoureuse de l’Italie… et du nouveau guide rose.
117 ans d'histoire. «Ce soir, nous ne célébrons pas seulement le lancement d'un magazine, mais toute la richesse de la culture italienne qui a façonné notre pays comme aucune autre ces cinquante dernières années», a souligné Marc Walder, CEO de Ringier (dont le plat favori reste les spaghetti sauce tomate au basilic), lors d’un discours chaleureusement applaudi. «Les plaisirs de la table transalpine font désormais partie intégrante de notre identité. Nous le devons notamment à la famille Bindella, véritable ambassadrice de la culture gastronomique italienne en Suisse depuis 117 ans, qui pilote aujourd’hui 46 restaurants à travers le pays et emploie quelque 1500 collaborateurs.» Le groupe Bindella, auquel appartient d'ailleurs le restaurant Terrasse, compte parmi les précieux partenaires de cette édition de Bella Italia, au même titre que Cornèrcard, Bianchi et Sanpellegrino. «Sans leur soutien, un tel projet éditorial ne pourrait voir le jour. Nous tenons à les remercier chaleureusement pour leur engagement», a poursuivi Marc Walder. De son côté, Urs Heller a pointé avec humour un 'problème' bien singulier propre à la galaxie Bindella: «On me répète souvent que le groupe ne souhaite pas faire de la haute gastronomie, mais les chefs sur place semblent n'en faire qu'à leur tête! À commencer par Gino Bordone à l'Ornellaia, dont la cuisine a encore franchi un cap en termes de qualité.»

Marc Walder (CEO de Ringier), Philipp Hildebrand (vice président de BlackRock), Kimberley Hildebrand, Rudi et Christa Bindella (de gauche à droite).
Festival culinaire. La brigade de cuisine de la maison Bindella a envoyé plus d'une vingtaine de propositions gourmandes, rythmées selon la tradition, de l'aperitivo aux desserts. Bruschetta au tartare de veau et sauce au thon, maritozzis à la mousse de mortadelle et pistaches, cubes de polenta croustillants à la mayonnaise truffée, gnudis aux épinards et beurre de sauge, joues de veau avec une purée de pommes de terre à la salsa verde, poulpe aux tomates, olives et câpres, ou encore un baba au rhum nappé de crème anglaise à la vanille... Chaque bouchée a répondu aux exigences les plus élevées. Le moment fort de la soirée? L'apparition spectaculaire d'une poêle XXL de 75 centimètres de diamètre, débordante de rigatonis à la vodka. Pas moins de neuf kilos de pâtes se sont volatilisés en un clin d'œil.
Huîtres de luxe. Juste à côté, le stand de la maison Bianchi ne désemplit pas et l'on y ouvre les huîtres à un rythme effréné: 400 mollusques de la variété L'Ostrica Rosa ont trouvé preneurs! «Ces huîtres proviennent du delta du Pô, en Italie, et se distinguent par leur coquille aux reflets délicatement rosés. Elles s'épanouissent dans une zone où les eaux du fleuve et de la mer se mélangent, ce qui leur confère une saveur noisetée», explique Luca Bianchi, CEO de l'entreprise éponyme. «Par rapport à d'autres variétés, elle est plus charnue, et se révèle moins iodée. C'est la nouvelle huître de luxe!» Un accord qui frôle la perfection lorsqu'il est escorté par un verre de Ferrari Maximum!

Antonio Colaianni (à droite): «la cuisine italienne n'a rien d'une science infuse ; elle va simplement droit au cœur.»
Cuisine du cœur. Pour prêter main-forte à la brigade Bindella, deux figures incontournables de la gastronomie italienne en Suisse ont répondu à l'appel: Antonio Colaianni (du restaurant Freilager à Zurich) et Luigi De Gregorio (de l'Alex Lake à Zurich), tous deux membres du cercle très prisé des chefs crédités de 15 points. Antonio Colaianni s'est illustré en servant une carbonara réinventée. Point de pâtes ici, mais un risone (ou risotto de pâtes) aérien, sublimé par une émulsion de pecorino, une crème de jaune d’œuf et un crumble de guanciale croustillant. Du côté du stand du chef Luigi, place aux tagliolini, travaillés dans les règles de l'art, avec de savoureux citrons d'Amalfi. «En tant que Napolitain, j’ai cette cuisine dans le sang. Je ne saurais pas cuisiner autrement qu’à 100% italien», confie-t-il. Et quel est le secret de la réussite d’Antonio Colaianni ? «Le fait que je sois sacrément séduisant!», lâche l’Italo-Bernois dans un grand éclat de rire. «Plus sérieusement, la cuisine italienne n'a rien d'une science infuse ; elle va simplement droit au cœur.»
Chef d'entreprise et de cuisine. Alessandro Seralvo, le sémillant vice-président directeur de Cornèrcard (partenaire principal de l'événement), aurait tout à fait pu intégrer la brigade de cette soirée Bella Italia, tant sa maîtrise des pizzas et du risotto est indéniable. Mais ce soir-là, point de tablier: l'heure était uniquement à la dégustation et au plaisir, partagés avec enthousiasme aux côtés de sa compagne Nicole Knecht. Seralvo ne confie finalement qu'un seul regret à propos de Bella Italia: «Il est devenu beaucoup plus difficile de décrocher une table dans mon grotto préféré. Depuis l'article paru l'an dernier, sa réputation a fait le tour du pays!»
Deux chefs 15 points… Le restaurant Terrasse accueillait deux autres couples phares de la scène gastronomique alémanique: Ines Triebenbacher et Daniel Zeindlhofer, le duo fusionnel aux commandes de l'Igniv à Zurich (17 points), ainsi que le chef Mitja Birlo (18 points), fraîchement installé chez The Counter, accompagné de son épouse Florentina. Le chef italien le plus capé de Zurich était également de la partie: Dario Moresco, le maître de l'Orsini (17 points), la table d’exception du Mandarin Oriental. S'il avait promis l'an dernier de donner sa prochaine interview en suisse allemand, le chef a dû admettre qu'il n'avait pas encore tout à fait tenu parole. Son excuse (plus que valable)? «Je préfère consacrer chaque minute de mon temps à la création de mes nouveaux plats.» Un choix payant: sa cuisine gagne encore en précision et en maturité à chaque saison!

Heiko, Daniela et Amelia Nieder, tout juste de retour de leurs vacances… en Italie!
…et un chef 19 points. Le chef aux 19 points Heiko Nieder est venu à la soirée accompagné de son épouse Daniela et de leur fille Amelie. «Nous rentrons tout juste de vacances à Capri et Positano. Nous y avons merveilleusement bien mangé: des pizzas, des pâtes al limone, du poisson ultra-frais et du tiramisu. Quand j'y suis, j'aime la totale!», s'enthousiasme le «Cuisinier de l'année 2019» du GaultMillau. Et quelles sont ses tables italiennes de prédilection dans la région zurichoise? «Nous adorons la pizza, nous allons très volontiers dans l'une des succursales de l’enseigne Napulé ou chez Neapolis à Schwerzenbach.» Pour le reste, c'est plutôt une affaire de famille: «La plupart des autres spécialités italiennes, nous les dégustons à la maison. Mon mari maîtrise aussi cette cuisine sur le bout des doigts. Le risotto au safran est sa grande spécialité, mais sa sauce tomate relevée d'un soupçon de pancetta est également un pur délice!», confie Daniela Nieder avec admiration.
Plus qu'un magazine. Bella Italia ne se résume pas à son édition papier, uniquement disponible en langue allemande. Les 25 restaurants romands du palmarès 2026 recevront très bientôt des pastilles autocollantes à apposer sur leurs devantures, signalant qu'ils font partie des 150 meilleurs restaurants italiens de Suisse selon GaultMillau. Le concept s'impose également comme un rendez-vous incontournable sur le GaultMillau Channel. Chaque semaine, la plateforme s'enrichit de nouveaux contenus exclusifs: reportages passionnants, tables à découvrir, interviews et portraits de chefs. «Écrire sur la culture gastronomique italienne est une véritable évidence pour nous», confie Urs Heller. Le rédacteur en chef du GaultMillau avoue d'ailleurs bien volontiers qu'après d'innombrables dégustations dans les temples de la haute gastronomie helvétique, rien ne vaut à ses yeux le bonheur simple d'une assiette de pâtes parfaitement exécutée.
Photos: Valeriano Di Domenico, Remy Steiner, Marco Bilic.
