Boisson festive. La forme de sa bouteille, et son bouchon, sont ceux de l’univers du champagne. La marque, même raccourcie, en rappelle un grand nom. Lancées à la fin du mois de mai, les nouvelles saveurs de Chandon Spritz complètent l'offre de spritz prêt-à-servir de la maison Chandon. Désormais déclinée en trois propositions, l'ancienne orange épices puis les deux dernières baies et hibiscus et citron et verveine, cette nouvelle collection dispose de tous les éléments à même de séduire les jeunes générations. À savoir un habillage élégant et pop, un vin effervescent issu d’une maison qui en a fait sa spécialité, des ingrédients 100 % naturels, du goût, de la fraîcheur et de la… facilité! Il suffit de verser dans un grand verre, d’ajouter quelques glaçons et un brin de déco pour que la fête commence. 

 

Élever le spritz. Si ces nouveaux cocktails ready-to-serve se versent et se dégustent sans y penser, ils auront nécessité des années de recherche de la part des équipes de Chandon, la marque du groupe Moët-Hennessy qui donne vie à de beaux effervescents. Et ce, dans des pays comme l’Argentine, l’Australie, les États-Unis, la Chine ou encore le Brésil. Quatre ans et près de soixante recettes auront en effet été nécessaires pour obtenir la boisson parfaite: bien équilibrée et faiblement sucrée et alcoolisée. C'est qu'il y a spritz et spritz. Si celui dont nous avons l’habitude se contente la plupart du temps d’être un banal mélange prosecco bas de gamme, bitter industriel et trait d’eau gazeuse, la version élaborée par la marque de l'empire du luxe qu'est LVMH a nécessité bien plus de soin. Et d’ambition.
 

Chandon

La fraîcheur et le caractère: des critères indispensables obtenus en combinant vins effervescents de qualité, et liqueurs ou macérations maison.

Chandon

Alors que le rouge est le plus touché par la baisse de la consommation d'alcool, les effervescents et le rosé continuent de séduire une clientèle qui penche vers des boissons festives et faciles d'accès.

Spritz de winemakers. À l’origine des petits derniers de la gamme, on retrouve trois femmes qui n'ont pas peur de bousculer les traditions: Ana Paula Bartolucci, cheffe de caves Chandon Argentine, Pauline Lhote, directrice de la vinification Chandon Californie, et la mixologue argentine de renom Ines de los Santos, fondatrice de Cochinchina, l’un des meilleurs bars de la planète selon The World's 50 Best Bars list. Les deux premières spécialistes de la vinification ont d'abord veillé à la qualité de l’indispensable vin effervescent, comme l’explique Pauline Lhote: «Le sparkling est vraiment l'élément primordial qui fait qu'on a pu élever la qualité. C'est un spritz qui est fait par des vignerons, cela fait la différence. Dans le choix des vins de base, on sait dès le départ ce qui va convenir pour le spritz parmi nos bruts ou rosés.»  

 

Dolce farniente. Quant à la célèbre bartender de Buenos Aires, elle a su dénicher les meilleurs ingrédients, créer les meilleures macérations de plantes ou liqueurs de fruits, et créer les meilleurs équilibres pour obtenir une boisson que l’on a envie de déguster plus que d’avaler à la va-vite. Un travail entre mixologie et œnologie, pour atteindre un équilibre précis autour de l'amertume et de la fraîcheur: «Faire ce genre de spritz, c'est bien sûr jouer avec le concept du dolce farniente italien, patrie du spritz. Mais c’est le faire avec un énorme souci de qualité pour obtenir un très, très bon produit.»

 

Chandon

De droite à gauche, Ana Paula Bartolucci, cheffe de caves Chandon Argentine, Pauline Lhote, directrice de la vinification Chandon Californie, et la mixologue Ines de los Santos, le trio de créatrices de Chandon Spritz.

Séduire les jeunes. Baisse globale de la consommation d’alcool, recherche de boissons plus saines, désaffection du vin, jugé trop complexe par les nouvelles générations… Le marché des apéritifs se transforme. Les boissons simples et festives comme ces «ready-to-serve» (RTS, prêts à servir), que l’on doit verser dans un verre, ou les «ready-to-drink» (RTD, prêts à boire) en petit format, que l’on peut immédiatement consommer partout, captent une partie du public. Notamment les plus jeunes.

 

COmpagnon de l'apéritif. Cette mutation n’épargne aucun pays. Elle pousse par exemple le groupe Schenk, numéro un du vin en Suisse, à explorer d'autres pistes pour faire face à ces nouveaux modes de consommation. Franck Escudier, directeur marketing du groupe international basé à Rolle, le confirme: «Les RTD ou RTS sont une tendance, c'est une catégorie qui est indéniablement en croissance. Elle répond aujourd'hui à une demande d'une boisson facile, fraîche, festive, faible en alcool qui vient remplacer la bière ou le verre de vin, notamment au moment de l’apéritif.»

 

Divin vin. Chez Schenk, qui produit des vins renommés, la qualité est aussi un incontournable gage de réussite. Impossible d’envisager des boissons bas de gamme contraires aux préoccupations plus santé des nouvelles générations: «Elles ont une grande sensibilité pour le bio, la réduction de sucre, l'absence de colorants et la transparence globale des ingrédients. Les jeunes en âge de consommer de l’alcool sont les early adopters de produits qui sont certes un petit peu plus chers, mais qui sont hyper qualitatifs.» Quant à savoir si ce type de boissons sonne le glas de la consommation de vins, le professionnel du marketing reste optimiste: «Je le vois comme une opportunité. Comme un moyen de faire venir de nouveaux consommateurs. Il faut pouvoir utiliser notre savoir-faire, notre produit, le raisin, le vin, cette base absolument incroyable pour aussi imaginer des produits pour des consommateurs plus volatils». Plus volatils certes, mais toujours férus de pétillantes, et innovantes propositions!

 

 

Photos: Chandon, Chandon Shortcut.