Rénovation lourde. «Le Bon Rivage de demain sera plus confortable, plus durable et plus ouvert encore sur son environnement, le tout sans renoncer à ce qui fait sa singularité», promet Marie Forestier, la directrice de cet hôtel historique à la situation unique, les pieds dans l’eau du Léman, à La Tour-de-Peilz. Ça, c’est la bonne nouvelle. Mais elle ne sera effective que dans deux ans. Car cet automne débuteront de lourds travaux, chargés de rendre tout son lustre à cette belle bâtisse datant de 1864. Corollaire de ce projet prometteur: cet automne, le restaurant Racine lancé il y a un peu plus d’un an par l’ambitieux Jérémie Cordier, devra lui-aussi fermer.
Un projet nomade. Le chef, autrefois 15/20 au restaurant Les Cerniers des Whitepods, aux Giette, avait reçu 14 points d’emblée à La Tour-de-Peilz. Il faut dire qu’à 37 ans, ce cuisinier dynamique au regard espiègle et déterminé a un joli parcours derrière lui: il a notamment passé au Pont de Brent du temps de Stéphane Décotterd et chez le triple étoilé Georges Blanc à Vonnas, en France. Pour lui, la fermeture du Bon Rivage n’est évidemment pas une bonne nouvelle. Mais il reste positif. Dans l’immédiat, il veut tirer le meilleur parti du somptueux potager de la maison durant cet été. Puis, il envisagera de partir pour de nouvelles aventures: «Je laisse passer la saison et je réfléchis à un projet plus personnel, peut-être nomade, mais lié aux producteurs que je connais». Le chef a récemment lancé Broco, un réseau social mettant en relation artisans, producteurs et consommateurs.
Une cuisine de produits. Les producteurs, Jérémie Cordier en a fait sa signature. Fidèle à son engagement pour le terroir local, il s’est fixé un rayon de 70 kilomètres pour s’approvisionner. Dans ses assiettes graphiques et pleines de pertinence, on se souvient avoir adoré sa truite au miel, endive et jus tranché à la lavande. Ou encore son sandre du Léman posé sur un crumble herbeux en émulsion d’avoine et livèche. Et côté viandes, de son filet de veau, tendre et rosé, surmonté de pleurotes et nappé d’un jus à la vieille prune, au cassis et au pimiento del padron. Chez Jérémie Cordier, même les desserts sont inspirés. Tiens, et si on retournait sur la terrasse magique du Racine?
Photos: Luca Carmagnola, DR

