Pluie d'étoiles. Vous avez peut-être vu passer la nouvelle: depuis la cérémonie des étoiles Michelin en France, le 16 mars dernier à Monaco, le chef Yannick Alléno serait passé devant son rival Alain Ducasse au classement total, mondial, du nombre de macarons. Avec une nouvelle étoile pour son nouveau restaurant Monsieur Dior à Paris, le premier a ainsi obtenu sa 18ᵉ distinction, coiffant au poteau le second et ses 17 cocardes. «Avec 18 étoiles Michelin, réparties dans dix établissements en France et à l’international, le Groupe [de Yannick Alléno] confirme la trajectoire d’un acteur devenu l’une des références majeures de la gastronomie française contemporaine», a vanté le communiqué du chef.

 

Un classement tout relatif. Événement ou anecdote? Certaines analyses vont jusqu'à qualifier ce changement de «tournant historique». Selon d'autres, ce palmarès n'a guère de sens, car le résultat n'est pas le même selon la manière de compter. Ou plutôt selon la date à laquelle on effectue le relevé. Le guide Michelin décerne ses récompenses pays par pays, tout au long de l'année. La Suisse, par exemple, y a droit en octobre, bien après la France, tandis que le Royaume-Uni passe en février. Un détail de calendrier qui compte, lorsqu'on sait qu'Alléno et Ducasse sont tous deux à la tête d'empires de la gastronomie, avec des tables partout dans le monde. De fait, selon la date à laquelle on compte les étoiles, ce classement, qui plus est fort serré, peut être modifié. Une étoile de plus ou de moins à Hong Kong ou Dubaï peut tout changer.

 

Loin derrière… Alors, qui est le meilleur? Dix-sept ou 18 étoiles ne changent pas réellement la perception que l'on peut avoir d'Alain Ducasse et de Yannick Alléno. Pour mettre d'accord ces deux-là, rappelons qu'ils restent loin derrière Joël Robuchon, qui a de son vivant compté… 30 étoiles Michelin! Une vraie constellation.

 

Photo: DR