Carte postale. Par cette journée de fin juillet, au-delà du port, l’eau est d’un bleu profond. Dans l’assiette, un poulpe à la plancha étend sa tentacule à côté de quelques légumes grillés. Dans le verre, le rosé est frais. Cette scène vous rappelle quelques vacances en Grèce? Sachez qu’elle se situe pourtant au bord du lac de Neuchâtel, à Saint-Aubin. Depuis la semaine dernière, l’Hôtel Pattus y a rouvert ses portes. Trois bâtiments modernes face au lac et aux montagnes. Devant, un vénérable séquoia géant et quelques bateaux.
Un mythe renaît. C’est en 1991 que l’emblématique et historique Hôtel Pattus avait été ravagé par un incendie. Depuis, le lieu, laissé en friche pendant 20 ans, avait laissé place à Port-Conty, un complexe hôtelier mêlant chambres et appartements protégés. En faillite depuis septembre dernier, l’établissement qui a retrouvé le nom de ses belles années, a été repris par le groupe bullois Campus Hospitality Group. Poste de diligence depuis le 17ᵉ siècle, l’établissement en a profité pour, après quelques travaux, retrouver sa fonction initiale. Offrir le gîte et le couvert, puisque l’hôtel dispose d’un restaurant, Maison Rivia.

Relais de poste, hôtel où l'on vient de loin, résidence hôtelière et appartements pour seniors... Cet endroit idéalement situé est redevenu un lieu de villégiature.

Comme un petit air de vacances sur la terrasse de l'une des 66 chambres.
Ex-Top Chef. Avec sa large salle vitrée, et surtout sa magnifique terrasse presque les pieds dans l’eau, ce restaurant fait, dans l’assiette, le pari de la Méditerranée. Pour la partie restauration, l'hôtel s’est associé avec le groupe français Eleni, importateur de produits d’épicerie fine et concepteur de restaurants. Parmi les fondateurs, on retrouve Juan Arbelaez, chef colombien installé en France, et restaurateur à succès depuis son passage dans Top Chef en 2012.

Burrata crémeuse, pastèque fumée, pistache et vinaigrette au sel fumé.

Tataki de thon, yuzu, citron vert, jalapenos, mangue et chips d'oignon.

Ceviche du lac, romarin, pignon et raisins secs.
Des yachts au lac. En cuisine, c’est le Grec Nikolaos Dosis, précédemment chef privé pour des familles fortunées, qui officie. Sur la carte, on retrouve donc des saveurs qui riment avec fraîcheur. Le ceviche de poisson du lac était apprêté simplement: huile d'olive, citron, romarin, pignons et raisins secs. En plat, le poulpe témoignait de la maîtrise toute hellénique de la cuisson du céphalopode. Moelleux, grillés aux entournures, il arrive accompagné de légumes à la plancha, d’une sauce au yaourt grec et zaatar et d’une salade de roquette. Enfin, en dessert, la mangue marinée au basilic, recouverte d’une émulsion assortie, de pistache et de poivre de Timut, remplissait son rôle de dessert léger mais gourmand.
Crus neuchâtelois. Située à deux pas du lac, Maison Rivia ne tourne pas le dos à ses produits. Grâce à Thibaut Gaudry, autrefois responsable du petit restaurant-buvette du port attenant, et à sa connaissance des pêcheurs du coin, les poissons du lac sont à la carte selon arrivage. Ils sont accompagnés de légumes, de pommes de terre et d’un beurre blanc au curry et curcuma. Côté vins, les Caves de la Béroche, toutes proches, ou encore les Caves Keller, famille jadis propriétaire du Pattus, à Vaumarcus, font partie des chouchous. Avec ses brunchs dominicaux, autour d’un buffet et de grillades extérieures en live cooking, cette belle terrasse pourrait bien devenir l’un des lieux incontournables des belles et chaudes journées d'été.
Photos: Hôtel Pattus

