La vie en rosé. Le monde du vin connaît ses modes, comme les vêtements, les destinations de voyage ou les voitures. Et côté cave, c’est actuellement le rosé qui affole les compteurs. Sa consommation a explosé, progressant de 20% en vingt ans à l’échelle mondiale. Et comme l’annonce un article du journal «Le Monde», ce sont les jeunes, de 18 à 35 ans, qui «se sont littéralement emparés de ce vin». Oui, le rosé, ce vin longtemps dénigré, paraît soudain hyper cool. Certes, en Suisse, le vin blanc garde une longueur d’avance, pendant que le rouge déprime. Mais typiquement, avec le gigot d'agneau pascal, un «petit rosé» paraîtrait dans l’air du temps…
Curry rouget. Tenez, dans ma cave, j’ai encore deux ou trois bouteilles de Murailles Rosé. Oui, l’emblématique vin au lézard de chez Badoux, à Aigle, qui se décline désormais aussi dans cette couleur. A la fois vif et rond, il sera parfait pour accompagner l’agneau ou le cabri printanier. Même s’il donne tout aussi bien la réplique à un rouget, par exemple. Ou à un ragoût de lentilles et légumes à l’indienne. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à le trouver bon. En effet, le petit reptile se défend plutôt bien dans les concours. Il rafle des médailles d’or au Mondial des pinots, à la Sélection des vins vaudois et même au Concours mondial de Bruxelles (CMB), une des compétitions les plus reconnues dans le monde du vin, qui consacre une session spéciale au rosé.
Rosés suisses. L’année passée, huit rosés suisses ont ainsi remporté des médailles. Parmi les romands primés, on trouve l’Ancora Rosé, un gamay de la Cave de Jolimont sur La Côte, et le Merops Rosé de la cave Jean-Louis Mathieu, en Valais. Eux aussi sont d’excellents candidats pour la table de Pâques! Tout comme le Trois Tours Rosé des Celliers du Chablais, le Merlot Expression de la Cave de La Côte ou le Vully Rosé du Domaine Chervet, qui tous allient en même temps la fraîcheur et la plénitude nécessaires pour accompagner l’ensemble d’un repas. Un repas thaïlandais, pourquoi pas. Et à Neuchâtel, patrie de l’œil-de-perdrix, les candidats sont nombreux. Mais il y a encore un dernier rosé que j’aimerais citer. C’est l’Empreinte Rose, un assemblage moderne, aromatique et voluptueux de Jean-Michel Novelle, au domaine du Grand Clos à Satigny. Grâce à des vins comme celui-là, même les vieux comme moi s’affolent pour le rosé.
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Cet article est issu du magazine «GaultMillau» paru le 12 mars 2026, distribué dans «L'Illustré». Prochain numéro le 29 octobre 2026.


