Photos: Grégoire Gardette

Bellevue: le nom n’est pas usurpé! C’est celui du bijou de petit hôtel à tourelle, accroché au-dessus de Montreux depuis plus de 100 ans. Devenu institut hôtelier, la gracieuse bâtisse aux salons en stucs et verres biseautés qui survole le Léman tout entier n’était plus accessible au public depuis longtemps. Attisant la curiosité et les convoitises. Depuis une quinzaine de jours, il abrite un restaurant d’application de haut vol. A la vue grandiose répond un décor d’une grande élégance et un éventail de compétences exceptionnel. A l’évidence, un grand restaurant est né.

Au charme de la Belle-Epoque répond un aménagement d’une modernité charmeuse, le tout face au panorama grandiose.

Stucs, lustres et verres biseautés donnent un cachet unique au bar avec ses recoins intimistes.

Personnalités. Il faut dire que pour assurer la réussite de ce projet de restaurant ouvert au public, l’Institut de Hautes Etudes de Glion n’a pas lésiné sur les engagements de grosses pointures. Pour encadrer les jeunes étudiants, en cuisine et en salle, une impressionnante kyrielle de MOF (Meilleurs Ouvriers de France) et de talents est aux commandes: Dominique Toulousy, ex-chef des Jardins de l’Opéra à Toulouse, puis chef du Berceau des Sens de l’Ecole Hôtelière de Lausanne, Benoît Carcenat, l’ancien second de Benoît Viollier, Chantal Wittmann, première femme MOF en arts de la table et Fabien Foare, MOF charcutier-traiteur. Puis, les gourmets retrouvent avec plaisir David Alessandria (autre transfuge du Berceau des Sens et lauréat du Prix Prosper Montagné en 2016) à la tête d’une brigade issue de chez Piège et de chez Bocuse. Et, pour le vin, Reza Nahaboo, meilleur sommelier de Suisse en 2016 qui avait fait la brillante ouverture du Royal-Savoy à Lausanne. Autant dire que les étudiants comme les clients sont entre de bonnes mains.

Dominique Toulousy, Benoît Carcenat, Chantal Wittmann et Fabien Foare assurent la ligne de la maison.

A table. Concrètement, un repas au Bellevue est une fête des sens. Face à un panorama étourdissant, tout n’est que beauté et luxe très abouti. Les boiseries restaurées, les nappages immaculés, le mobilier design et le service qui conjugue attention parfaite et aimable décontraction. La carte est une ode à la tradition revisitée avec pertinence. Les prix sont ceux d’une grande table, avec cependant des menus abordables (business lunch à 58 fr.). La raviole de foie gras à la truffe est une absolue délectation. Benoît Carcenat lui-même l’avoue: «Je pourrais en manger tous les jours!». On le comprend! Puis la pluma de porc ibérique arrive fondante, agrémentée d’une sauce voluptueuse. Les fromages proviennent de chez Duttweiler, une référence. Et le dessert aux fruits exotiques vaut un voyage à lui seul. Amuse-bouche et mignardises complètent la fête. Il n’y a aucun doute, ce lieu qui renoue avec la grandeur passée des hauts Montreux, si admirablement décrits par Francis Scott Fitgerald, sera rapidement pris d’assaut.

La raviole de foie gras à la truffe est une tuerie! Tout simplement inoubliable…

Le dessert graphique aux fruits exotiques vaudrait le voyage à lui seul.

_

Le Bellevue

Route de Glion 111

1823 Glion-sur-Montreux

+41 21 966 35 25

www.glion.edu

Sur Google Maps

 

Horaires

Ouvert du lundi au vendredi de 12h à 14h30 et de 19h à 23h30.