Cafe Berra
Restaurant

Café Berra

Place de l'Ecole 1
1871 Choëx
Jean-Yves André
Jour(s) de fermeture lundi, mardi
Prix: M 62.–/69.–
Services: Terrasse/Jardin, Parking
Téléphone: +41 24 471 05 30

C’est un grand chalet de charme, posté au détour de la petite route sinueuse qui s’élance de Monthey vers Champéry, à peine visible, juste évoqué par un panneau discret, «Café Berra». L’intérieur hésite entre bois et design, traditionnel et recherche d’élégance, entre confort et raffinement.

A l’extérieur, un jardin-terrasse foisonnant, la sérénité d’un paysage bucolique, quelques tables où l’on est accueilli avec chaleur, une vraie gentillesse. Le lieu paraît intimiste, protégé, de ces adresses qu’on hésiterait presque à confier, tellement elles se révèlent rares et précieuses…

On admire le soin porté au décor de table, à chaque détail en vérité, du design des assiettes à leur contenu. Ainsi ce délicieux petit amuse-bouche servi dans un bol minuscule en coque d’oursin: espuma de crabe, avocat, yuzu et tuile légérissime d’encre de seiche, un délice suivi d’un deuxième amuse-bouche en forme de gaspacho ultrafrais, agrémenté de quelques minicopeaux de pata negra et d’un voile de basilic pourpre. Là-dessus, on se laisse tenter par la fricassée de minigirolles, crème au vin jaune, œuf bio poché, paysage de poche beau comme le réveil de la montagne au printemps, poudré de feuilles de capucine et de filaments de bleuet. Avec raison, on opte aussi pour le poulpe grillé, son tentacule caramélisé sur une mousseline voluptueuse, un trait de jus réduit dessinant une assiette en estampe japonaise. On aime aussi les pétoncles avec leur nage anisée parfumée aux herbettes et à l’ouzo, quelques amandes effilées et croûtons pour le croustillant.

Au chapitre des viandes, le black angus est tendre, sa cuisson parfaite, mais on avoue ne pas y retrouver les saveurs marquées escomptées pour une viande de haut vol; il est escorté d’une petite polenta rustique, de quelques épinards tombés, de minichanterelles juste parfaites, croquantes, un concentré de sous-bois, le tout souligné d’une onctueuse petite sauce moutardée.

Et les desserts, bien sûr, évoluent dans les mêmes sphères. Telles ces bulles de citron, en vérité plusieurs agrumes déclinés de différentes façons, citron et yuzu en versions sorbet, confit ou espuma, le tout posé sur un biscuit amandine aux délicieuses notes d’amande amère.

Un moment de grâce dans un lieu rare, suspendu entre ciel et terre…

Au point qu’on allait oublier de préciser que les prix, eux aussi, sont étonnamment doux.